Mon cours de cuisine au Sénégal

Mon cours de cuisine au Sénégal
10 h 11 min , 18 février 2013 0
Publié dans : Afrique, BLOGUE VOYAGE

Vous savez à quel point j’aime suivre des cours de cuisine en voyage. J’y apprends plein de trucs que je peux ensuite ajouter à mon bagage de nutritionniste. Voilà pourquoi j’essaie toujours de trouver une famille qui voudra bien m’ouvrir les portes de sa maison et m’enseigner quelques recettes de son pays.

Au Sénégal, c’est la famille Diallo qui m’a accueillie dans leur maison à Ouakam, près de Dakar. J’ai passé la journée avec Kiné et sa belle-sœur (qui ne parlait que le wolof),  et elles m’ont enseigné comment cuisiner le plat national du Sénégal : le Thieboudienne. C’est un plat de riz au poisson. Ça semble simple dit comme ça, mais je vous assure que c’est le plat le plus compliqué que j’ai cuisiné!! Je vous le jure… Ça nous a pris une bonne trentaine d’étapes et plus de trois heures aux fourneaux! Moi qui pensais pouvoir reproduire la recette à la maison… j’ai vite réalisé que ce serait peine perdue.

J’avais beau prendre des notes et des notes et poser plein de questions, il y avait beaucoup trop de petits détails. J’ai donc jeté l’éponge. J’ai plutôt décidé de savourer le moment et de cuisiner pour le plaisir.

Je me suis laissée guider par Kiné et j’ai imité tous ses gestes. C’est ainsi que j’ai pu observer toutes les différences entre sa façon de cuisiner et la mienne.

À défaut de vous expliquer comment cuisiner un Thieboudienne étape par étape (je suis certaine que vous en mourez d’envie!), je vais plutôt vous expliquer comment on cuisine au Sénégal, tout simplement.

D’abord, on cuisine pour la peine. Ici, pas de plats surgelés ou de repas sur le pouce. Le repas est longuement mitonné et partagé avec toute la famille. Kiné habite avec sa belle-famille. C’est comme ça au Sénégal. Dans une famille, les garçons demeurent avec leurs parents toute leur vie. Une fois mariées, les filles doivent donc quitter leur famille pour aller vivre avec leur belle-famille. En règle générale, les femmes ne travaillent pas, elles cuisinent et s’occupent de la maison.

Kiné adore cuisiner et elle le fait très bien. Ce n’est ni une corvée, ni un sacrifice.

Les Diallo appartiennent à la classe moyenne du Sénégal. Leur maison est confortable et moderne. Pourtant, leur cuisine peut sembler rudimentaire à nos yeux. Ils n’ont ni four, ni four à micro-ondes, ni cuisinière. Un seul brûleur est déposé au sol.

Ils possèdent un frigo, mais c’est leur seul électroménager. Pas de mélangeur électrique, pas de robot culinaire, pas de grille-pain ou de cafetière… La cuisine n’en est pas moins fonctionnelle. Un couteau et un mortier, voilà tout ce que ça leur prend pour cuisiner.

Parlant de mortier, c’est un indispensable dans la cuisine sénégalaise. Il sert à préparer les sauces, farces, mélange d’épices, purées… Ma fille a eu droit à son cours avec Kiné.

Autre différence… l’utilisation du sol. Pour eux, il n’y a pas de mal à cuisiner sur le plancher. Ils utilisent plus le sol que les comptoirs de la cuisine. Ils sont bien souvent accroupis ou pliés en deux pour cuisiner. Mon pauvre dos souffrait un peu à la fin de la journée!

Ici, on ajoute une farce à base d’ail, de fines herbes et d’épices dans la chair des poissons…

…qui seront frits et ensuite mijotés dans un bouillon d’épices.

Le chou, les poivrons, les courges, les carottes, les oignons et les aubergines sont omniprésents dans la cuisine du pays. On mange beaucoup de légumes et de poisson. Peu de viande, et surtout de l’agneau ou de la chèvre.

Le service aussi est bien différent. On ne sert pas une assiette à chacun, on partage plutôt un plat commun. Il y a donc un plat pour les enfants, un plat pour les adultes et les surplus seront conservés au frais pour les membres de la famille qui ne peuvent prendre part au repas.

Bref, bien au-delà de la recette cuisinée, j’ai adoré mon expérience! La semaine prochaine, je vous raconterai le repas qui a suivi, parce que bien sûr, on a mangé le Thieboudienne. Tous ces efforts doivent être récompensés!

Ba beneen

(à bientôt, en wolof)

Geneviève

Crédits photo : Geneviève O’Gleman et Stéphane Collin

 

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