Mes amis martiniquais

Mes amis martiniquais
13 h 22 min , 18 janvier 2013 0

Je vous l’ai souvent écrit sur ce blogue, je ne voyage pas pour découvrir de nouvelles plages ou de nouveaux paysages. Je pars rencontrer des gens. Les amis que je me fais à l’étranger marquent mes souvenirs beaucoup plus qu’un joli palmier ou qu’un coucher de soleil.

Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous présenter trois personnes qui ont coloré mon séjour en Martinique. Il aurait suffi de peu pour que nos chemins ne se croisent pas. Heureusement, il en a été autrement.

Partick, le visionnaire

Patrick Duchel bûche depuis des années pour faire découvrir une autre Martinique : la campagne, peu fréquentée des touristes. Alors que l’île développe de gros complexes hôteliers dans le Sud, il s’efforce de se faire des alliés pour développer le Nord, de façon solidaire et responsable.

Il habite à Mornes-des-Esses. Au fil de mes discussions, j’ai réalisé que plusieurs Martiniquais ne savaient même pas où se situait ce petit village! Patrick nous a accueillies à son gîte pour quelques nuits. Ma fille et moi nous endormions bercées par les grillons, oiseaux et autres bibittes tropicales. Un concert digne d’un CD de relaxation! Le matin, voici la vue que nous avions :

QUE DU VERT! On se sentait au beau milieu d’une forêt tropicale. Au début, je dois avouer que je trouvais ça déstabilisant d’être si isolée. Mais rapidement, j’ai trouvé ça dépaysant et relaxant.

Maude a eu beaucoup de plaisir avec Patrick. Blagueur et pince sans rire, elle ne l’a pas lâché d’une semelle.

Il nous a présenté sa région, nous a invitées à sa table et nous a raconté l’histoire des Martiniquais.

 

Félix, le rassembleur

En voyage, il y a des endroits où, je l’avoue, je n’irais pas spontanément. Le ghetto en était un.

Ce petit resto de bord de route ne paie pas de mine. Pourtant, c’est l’une des tables les plus authentiques de la Martinique.

Félix Fleury est à la barre de ce resto de quartier depuis plus de 20 ans. Situé dans une ancienne usine à sucre de Marigot, face à l’Atlantique, le lieu est chargé d’histoire. Pourquoi l’avoir nommé « le ghetto », mot souvent péjoratif? Félix m’explique que pour lui, un ghetto, c’est un lieu réunissant des gens de même pensée. Félix veut donc réunir l’art, la musique et les traditions de la Martinique sous son toit. Et je dois dire qu’il y réussit très bien!

Anne-Marie, la cuisinière, se charge de nous préparer des plats oubliés. Comme ce blaff, un poisson poché dans un bouillon d’épices. Autrefois, le blaff était l’objet de compétitions entre pêcheurs, pour déterminer qui ferait le meilleur.

Le ghetto, c’est le point de rencontre des hommes pour le ti-punch de fin de journée.

Ces verres n’attentent qu’à recevoir leur dose de rhum, de sucre et de lime.

Maude a utilisé son charme pour travailler derrière le bar… Félix n’a pas pu résister et lui a enseigné ses secrets pour préparer de bons cocktails de jus tropicaux.

 

Florence, la combattante

Florence André habite en montagne, dans un village aux rues abruptes qui font souffrir les voitures. Elle a hérité de la terre de son père et a quitté son emploi de fonctionnaire pour devenir agricultrice. Mais en 2007, l’ouragan Dean a détruit son domaine paradisiaque. Elle a failli y laisser sa peau, un arbre centenaire s’étant écrasé sur sa maison, à un mètre d’elle. Ébranlée, mais forte, elle a retroussé ses manches et a transformé sa ferme détruite en table champêtre. Elle accueille maintenant les touristes pour leur faire déguster fruits, légumes et épices produits sur sa terre qui récupère tranquillement.

En vraie bonne grand-maman, elle est partie avec Maude cueillir des clémentines.

Au retour, elle lui a expliqué comment les presser pour en tirer le maximum de jus.

Maude exécutait à la lettre chaque consigne que Florence lui donnait.

J’en suis encore jalouse! Pourquoi elle ne m’écoute pas toujours comme ça? ;-)

En cuisinant à ses côtés et en me baladant dans son immense jardin d’épices, j’ai appris beaucoup sur son quotidien et son lien avec la nature, si riche et fertile, mais aussi si imprévisible et destructrice.

Chose certaine, ces rencontres, je ne les aurais jamais faites en demeurant allongée à la plage. Aucun hôtel n’offre d’excursions aussi sympathiques que les journées passées en compagnie de ces trois personnes vraies et généreuses. Elles n’étaient pas là pour profiter du touriste que je suis, elles étaient là pour me faire découvrir leur pays adoré.

Et je leur dis merci, du fond du cœur!

Geneviève

P.-S. La semaine prochaine, je vais partager une recette typique de la Martinique, que Florence m’a gentiment enseignée. Avez-vous hâte?

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