Du rhum dans le sang

Du rhum dans le sang
15 h 59 min , 28 janvier 2013 0

Aussi bien mettre les choses au clair… Je ne parle pas de mon taux d’alcoolémie! Pendant mon voyage en Martinique, j’ai bien sûr dégusté de très bons rhums… mais ce n’est pas là que j’ai viré ma brosse. ;-) D’abord parce que seule avec un enfant, je me devais d’être responsable, ensuite parce que j’ai roulé 850 km en deux semaines (sur une île qui fait 70 par 30 km, ce n’est pas rien) et ensuite, parce que je voulais me souvenir de tout, pour vous écrire de beaux billets à mon retour!

Je vous l’accorde, les vacances dans le Sud sont souvent propices à la consommation (abusive?) d’alcool… mais pas lorsqu’on part à l’aventure comme je l’ai fait en Martinique. Croyez-moi, pour se promener dans la jungle, mieux vaut avoir toutes ses facultés!

Voyez-vous ma fille sur la photo? Je n’aurais pas voulu la perdre dans la forêt martiniquaise!

En choisissant le titre de mon billet, je fais plutôt référence à une dame fascinante que j’ai rencontrée en Martinique : Claudine Neisson. Elle a quitté une carrière prestigieuse et primée de médecin pour reprendre la distillerie de rhum que son père avait mise sur pied en 1932.

La distillerie Neisson est l’une des dernières distilleries familiales de la Martinique. Les autres appartiennent à de grands groupes internationaux. Neisson ne possède que 40 hectares, sur les 3600 hectares de champs de canne à sucre de la Martinique. La distillerie ne produit que 400 000 litres, sur les 7,5 millions de litres de rhum agricole produits annuellement. Une goutte d’eau…

Pourtant, Claudine Neisson est une militante et elle résiste à l’industrialisation du rhum.

Deux types de rhums

D’abord, il faut savoir qu’il existe deux types de rhums : le rhum agricole et le rhum industriel. Le rhum agricole est fait à partir du jus pur de canne à sucre contrairement au rhum industriel, fait à partir de la mélasse, un résidu obtenu lors du raffinage du sucre. Le goût du rhum agricole est donc plus subtil, plus complexe, plus fin. Un peu comme un grand vin, que l’on compare à un vin de dépanneur!

Aussi, en Martinique, il existe une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC), qui lie le rhum à son terroir. Comme pour le Camembert de Normandie ou le vin de côtes-du-rhône. Ici, on ne rigole pas avec le rhum!

La production

Claudine Neisson m’explique qu’il y a plusieurs façons de produire le rhum. Lorsqu’on achète une bouteille de rhum, que ce soit en Martinique, en République Dominicaine ou au Costa Rica, mieux vaut en savoir un peu sur la distillerie. Les employés des champs de canne à sucre sont-ils bien traités? Ou sous-payés, exploités et abusés? Le rhum est-il produit avec du jus de canne pur ou des résidus de raffinage? La fermentation, la distillation et le vieillissement respectent-ils un savoir-faire ancestral ou est-ce mécanisé et industrialisé? Les résidus de production sont-ils rejetés sans se soucier de leur impact environnemental?

Bien entendu, ce n’est pas la caissière au « duty free » de l’aéroport qui pourra répondre à toutes ces questions. Mieux vaut faire votre enquête avant…

C’est la saison des voyages dans le Sud. Peut-être irez-vous vous faire griller la couenne cette année? Plutôt que de rapporter n’importe quel rhum bon marché, informez-vous sur le rhum traditionnel du pays que vous visiterez. S’il a une certification ou une appellation d’origine, et si vous pouvez visiter la distillerie, c’est encore mieux. Il ne sera pas beaucoup plus cher, mais je parie qu’il respectera davantage vos valeurs. Après tout, boire du rhum est un plaisir. On ne veut pas que ce plaisir qu’on s’accorde soit fait en exploitant des paysans ou en polluant une région, non?

Je vous laisse sur cette petite réflexion « éthique »…

À la semaine prochaine!

Geneviève

P.-S.- Voici quelques photos de ma visite de la distillerie Neisson.

Les champs de canne à sucre, situés juste à côté de la distillerie.

Des barils pleins de bon rhum qui veillit tranquillement.

Des bouteilles qui attendent patiemment le bon rhum…

Elles se font enfin remplir!

Un dernier contrôle de qualité et hop! les bouteilles sont prêtes pour la mise en marché.

Tchin tchin!

 

 

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