Les caricoles, vous connaissez?

Les caricoles, vous connaissez?
20 h 33 min , 10 octobre 2012 0
Publié dans : BLOGUE VOYAGE, Europe

Ce que j’aime par-dessus tout lorsque je voyage, c’est de découvrir un aliment que je ne connaissais pas. Et encore plus lorsque cette découverte arrive sans que je la cherche, au détour d’une ruelle ou au hasard d’une promenade. C’est ce qui s’est produit par un bel après-midi passé avec ma fille à se promener dans Bruxelles. Nous étions à la recherche des bandes dessinées qui sont peintes sur les murs des bâtiments…

En passant, si vous comptez visiter l’Europe avec votre marmaille, les BD de Bruxelles sont un incontournable. Je n’ai jamais vu ma fille marcher autant sans rouspéter. Elle était vraiment motivée à l’idée de trouver toutes les BD parsemées dans la ville et il y en a plus de 40!

Faut dire qu’on avait fait un concours, et mon orgueilleuse de fille était bien décidée à le gagner. Bref, Bruxelles a compris comment donner le goût aux enfants de marcher sans « traîner de la patte »!

Revenons à mes caricoles. C’est donc en marchant avec ma fille que je suis arrivée devant un petit kiosque qui sentait bon le bouillon.

Derrière les marmites se trouvait une vieille dame à la bouille sympathique.

Je dis à Maude : « Ah regarde, des escargots, en veux-tu? » Et la dame me reprend illico : « Ce ne sont pas des escargots, mais des caricoles! » Des quoi?

C’est là que la conversation a débuté et que la gentille dame m’a tout raconté. Elle m’a parlé de son métier, de son mari, de la recette et elle était fascinée de voir Maude déguster les caricoles avec autant d’appétit. Les caricoles, ce sont des bigorneaux ou escargots de mer (je n’étais pas loin, quand même) et on en sert dans les rues de Bruxelles depuis le 16e siècle!

Alors que la bouffe de rue (les “food trucks”) est en plein essor en Amérique du Nord, cette tradition est en voie de disparition en Belgique. La clientèle préfère les chaînes de restaurants. La nourriture disponible 24/24h fait aussi concurrence à ces petits marchands ambulants.

Pourtant, ces recettes authentiques, transmises d’une génération à l’autre, et préparées avec des produits locaux, c’est ce qui fait le charme d’une ville. On ne trouve pas de kiosques de caricoles à Montréal. Et c’est tant mieux. Et on ne trouve pas de smoked-meat à Bruxelles. C’est aussi tant mieux.

Je m’attriste de voir toutes ces traditions se perdre au profit d’une uniformisation de la bouffe. Lorsqu’on retrouve les mêmes aliments d’un pays à l’autre, et qu’on peut manger comme à la maison partout à travers le monde, c’est dommage. Et pas seulement pour notre petit plaisir de voyageur, c’est dommage pour tous ces artisans qui se font tasser, lentement, mais sûrement.

Je crois qu’à la maison comme en voyage, il faut encourager ces petits commerçants qui font la bouffe autrement et qui donnent tant de personnalité à notre ville et à toutes les villes que nos pieds ont envie de fouler.

Sur ce, bonnes découvertes gourmandes et à la semaine prochaine!

Geneviève

 

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